Dans un café, devant une tasse de café

10h30, je suis dans un café devant une tasse de café. Je viens de terminer la lecture d’un journal et j’observe les gens qui m’entourent. Il m’arrive souvent, dans ces moments-là où je ne peux décemment pas me lever pour m’approcher de mes sujets, d’avoir envie d’un objectif à focale plus longue afin d’avoir la possibilité d’isoler un peu plus mes sujets. Une facilité que je n’arrive pourtant pour l’instant pas à me résoudre à m’accorder. Ce qui signifie que vais donc continuer à faire de mon mieux avec mon équivalent 50 mm.

Il y a ce couple , assis au fond contre le mur, juste sous une lampe qui crée un cône lumineux intéressant sur le mur à la gauche de monsieur. Ils sont malheureusement trop loin et je n’arrive pas à cadrer suffisamment serré pour ne pas être embêté par les deux tables adjacentes à la leur. Et je n’ai pas envie de recadrer aussi drastiquement au traitement.

Et puis il y a ce petit groupe d’amis, juste-là. Celle-ci est bien plus facile et je prends quelques clichés dont je garderai celui qui ne révèle rien de leur identité. Une image simple, mais que je trouverai après un peu de traitement dans Lightroom plus qu’acceptable. Finalement je la trouverai si acceptable que je me mettrai à bien l’aimer et à considérer avec beaucoup d’intérêt ce qu’elle réussi à m’enseigner.

Parce que c’est une image qui m’a appris quelques petites choses et j’aime beaucoup les images comme ça. Il y a celles qui vous paraissent bonnes – voire très bonnes – mais qui ne réussissent pas vraiment à susciter quoi que ce soit d’autre que de la réussite, il y a évidemment les mauvaises (des comme ça il y en a trop) et puis il y a celles qui vous parlent, qui vous apprennent des choses, celles qui tentent de vous tirer vers l’avant. Et j’ai l’impression que celle-ci est de celles-là.

Cette image-là est une image qui va me tirer vers l’avant, j’en suis certain. Et cela je l’ai compris au moment où je l’ai postée sur un réseau.

Les précédentes avaient été soigneusement choisies, sélectionnées pour certaines de leurs qualités – apparentes! Et puis celle-ci avait quelque chose de différent qui ne tenait pas seulement dans son apparente simplicité, ni même dans sa facilité. Non, ce quelque chose venait plutôt de – justement – ce qu’elle avait à me dire, à me raconter, à me montrer.

Et ce qu’elle me dit est simple. Une belle image c’est une image qui raconte un instant de vie. Mais un instant de VRAIE vie, avec des gens dans une activité de tous les jours, réunis, ensemble.

Devant un café dans un café, par exemple.

Lieu d’aisance

Il y a plus noble comme thème, il faut bien l’admettre.

Et pourtant, y-a-t’il un endroit autre que celui-ci dont a autant l’impression d’avoir exploré tous les détails, que l’on a l’impression de connaître encore mieux que sa poche et sur lequel il est aussi difficile de tenter de poser un autre regard?

Je ne crois pas. Sauf, peut-être ma chambre à coucher et mon bureau. Des lieux où je passe encore plus de temps, mais rarement en y faisant – comme ici – rien de notable.

Si ce n’est ce pourquoi on s’y attarde…

Attendu à la cathédrale

Attendu à la cathédrale, je remonte la rue d’un pas pressé après avoir acheté un sandwich à l’emporter chez un Coréen, sandwich que j’avale en marchant afin d’éviter d’arriver en retard et de faire attendre mes mandataires.

J’ai passé la dernière heure à errer dans le quartier en quête de sujets à photographier, en vain. Quelques clichés ici et là mais rien de vraiment convainquant.

Mais je me fais une raison puisque je sais comment les choses se passent. On a parfois beau être à l’affût, les clichés semblent constamment vouloir nous échapper comme pour nous montrer que rien n’est jamais acquis et qu’il faut savoir faire preuve de patience. Malgré tout, j’en garde un léger sentiment de frustration qui me collera aux basques pendant toute la durée de ce que j’ai à faire à la cathédrale.

Une fois ma mission terminée, je peux repartir arpenter les ruelles avec l’espoir d’une meilleure moisson que tout à l’heure.

Mais quelle prétention, quelle naïveté! Comme s’il suffisait de se remettre en route pour obtenir ce que l’on cherche. Au contraire, il va falloir faire preuve d’encore plus de patience et continuer à arpenter, observer, espérer. Ou tirer un trait pour aujourd’hui et reporter ses efforts à un autre jour. Ce serait peut-être la plus sage des décision et pourtant, je n’arrive pas à m’y résigner. Alors j’arpente.

Encore et encore.

Et puis soudain je les vois là, par la fenêtre. Une première série d’images et j’ai quelques danseuses dans une fenêtre.

Sur le point de m’en aller, je me retourne et cet homme dans l’escalier semble demander qu’on le fige sous son lampadaire.

C’est alors que je réalise qu’une fois de plus je me retrouve transporté dans cet espace qui m’était encore inconnu il y a quelques mois. Cet endroit, ce lieu d’abandon, de pleine conscience, de présence entière dans l’instant, cet espèce d’état que j’apprends à bénir et dont je ne profite qu’au travers de la photographie.

Un état d’entière disponibilité, où n’existent plus ni désespoir ni dépréciation, mais où seule compte l’observation de ce qui m’entoure et, si possible, la captation de ce que j’arrive à voir.

J’ai envie de dire de ce qui se présente à moi puisque parfois c’est comme cela que ça donne le sentiment que cela se passe. Les chose se matérialisent devant moi et l’image semble me dire « je suis là, prends-moi ».

Alors je m’exécute. Et j’ai parfois d’excellentes surprises…

Retour en bus

Profiter d’un moment d’ennui. Exploiter ces instants où l’on a pas d’autre option que d’attendre d’avoir atteint son but. Ne pas céder à la tentation généralisée de l’écran et se concentrer plutôt sur ce qui nous entoure, ce qui s’offre à nous, ces instants qui ne demandent qu’à être saisis et ces vies qui se croisent.

Nouvel exercice avec une contrainte imposée. Capter ce que je peux depuis mon siège, sans en changer. Le tout avec une seule focale, fixe. En l’occurrence ce très cher 35/1.4

Passage de témoin

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Mars 2019 marque une étape dans mon parcours avec la vente de Randobike, le magasin de vélos que j’ai créé puis géré pendant une dizaine d’années.

Ce film a été tourné et monté en souvenir de cette étape et de la fête organisée pour l’occasion afin de marquer officiellement la transmission du magasin à ses nouveaux propriétaires.

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Au Vuipay

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Alors que la neige se fait attendre, cette balade est pour nous l’occasion de profiter d’une nature parée de charmes hivernaux peu communs pour cette période de l’année et de méditer sur la fragilité du monde qui nous entoure.

Filmé en mode randonneur et souliers de marche et narrateur grippé.

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mono/cycle

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Longtemps vu comme simple engin de cirque, le monocycle s’est récemment extirpé de ce carcan réducteur pour s’inscrire dans la culture urbaine et acrobatique. Dans ce film, Pierre Sturny – multiple champion du monde – nous présente un sport qu’il pratique et partage avec passion.

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Le Château de Bossonens

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Il ne reste du Château médiéval de Bossonens que quelques ruines et une moitié de tour, ce qui n’enlève rien au charme de l’endroit, surtout lorsqu’il est baigné d’une belle lumière de fin d’après-midi, idéale pour mettre en valeur les verts de la végétation qui reprend ici peu à peu ses droits.

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La roue

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L’une de mes spécialités décortiquée pas à pas pour que ceux qui n’ont jamais vu comment se monte une roue de vélo puissent se rendre compte du travail que cela implique.

Ce qu’on ne voit pas, c’est le travail que cela demande de se filmer en train de travailler et d’imaginer des plans pour montrer des gestes devenus presque automatiques.

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Gimbal

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Pas de trépied cette fois-ci, mais des premiers pas avec un stabilisateur gyroscopique (gimbal) pour une visite toute de fluidité dans les rues Lausannoises.

Les constructions humaines sortent du sol comme des champignons, mais la nature attend patiemment son heure et on peut être certain qu’un jour viendra où elle ré-avalera tout.

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Un soir, un lac

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Découverte des vertus du trépied – cet objet qui peut paraître dépassé à l’époque des stabilisateurs, gimbals et autres steadycams mais ô, combien utile! – et des couleurs du soir pour un film presque méditatif au bord du lac, filmé sur les quais de Vevey.

Si vous pensez à Philip Bloom, c’est que vous êtes un connaisseur.

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Là-haut

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Si se filmer soi-même à vélo est une expérience qui implique d’incessants allers-retour au pas de course pour passer de l’arrière à l’avant de la caméra (ou l’inverse), se filmer à ski est encore plus laborieux et difficile à cause de la neige et des skis.

Mon premier film avec hélicoptère 🙂

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La Berra

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Une excursion en raquettes à La Berra où les conditions météo nous auront réservé d’étonnantes surprises. D’une neige quasi absente sous un ciel clément au moment du départ, nous avons vécu une quasi tempête alors que nous approchions du sommet.

Des conditions difficiles pour tirer le meilleur de son appareil, surtout quand on débute et que l’aisance manque encore.

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Train to the van

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Passer du rail à la route, une expérience anodine pour certains et une sérieuse entorse à ses principes pour d’autres. Ce film montre les conflits intérieurs ressentis à la récupération de notre bus camping commandé il y a peu après des mois de tergiversations.

J’ai finalement appris à l’apprécier mais – heureusement! – ne suis pas pour autant devenu 100% motorisé depuis. Il faut savoir garder ses principes!

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